Pour une fois, parlons un peu de chanson française.Trois auteurs-compositeurs qui ont évoqué James Dean, ou plutôt se sont inspirés, chacun à leur manière, de la légende qui l'entoure.
Je ne vais pas faire le énième récit de la vie de l'acteur disparu à 24 ans dans un accident de voiture. Remarquons tout de même que, malgré toutes les tentatives des biographes pour entacher son image (oui il était myope, oui il était caractériel, oui il était bisexuel...), il demeure un symbole inviolable de beauté et d'adolescent rebelle. C'est ça le privilège de la jeunesse éternelle...
La légende de Jimmy de Michel Berger, chanson interprétée par Diane Tell, est certainement l'hommage "français" à James Dean le plus connu.
L'opéra-rock du même nom raconte l'histoire d'amour de deux fans de James Dean, un adolescent et une groupie, qui se rencontrent devant la tombe de la star. Créée en 1990, cette pièce n'a jamais rencontré le succès escompté.
Quelques années auparavant, Alain Souchon avait déjà réutilisé le mythe de James Dean, mais de manière plus subtile, dans sa Ballade de Jim (1985) : une chanson mélancolique, comme il sait si bien les faire, avec des paroles simples qui restent ancrées dans la mémoire :
Force est de constater que Souchon a l'art de manier les mots et de créer toute une histoire avec son atmosphère propre en quelques strophes.
Je terminerai par la chanson la plus récente : celle de Jean-Louis-Murat, "Jim", du bel album Mustango sorti en 1999.
On y sent l'influence du groupe Calexico, qui a participé à l'album, mais aussi une vraie recherche instrumentale (la version live Muragostang n'a rien à voir avec la version enregistrée en studio...). Mustango est jalonné de titres marquants comme "Polly Jean" (hommage à PJ Harvey) et "Le Mont sans-souci".
J-L. Murat se distingue par sa capacité à passer sans complexe d'un genre à l'autre, et dans sa remarquable prolixité artistique, à enchaîner les chefs-d'oeuvre et les ratés.
Mais, lorsqu'il s'agit de réussite, c'est un enchantement.
Jim
Murmurant
A cheval
Emouvant
Dans la nuit de son âme
Ivre comme une tige
Que le monde étonne
Puis pris de vertige sous la grande étoile
Où il vit
(...)
A noter : la voix qui chante "Never on such a night have lovers met..." tout au long de la chanson appartient à Jennifer Charles, qui collabore également avec Murat sur l'album A bird on a poire (2004).
Dans ce clip comme dans celui d'Alain Souchon, il est question de tentative de suicide... avec une note d'espoir.
Trois chansons, traitant en fait de trois "faux" James Dean qui tentent de lui ressembler mais ne connaissent pas une fin tragique comme lui. Quand je parlais de symbole inviolable...
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