Une chanson des Pink Floyd que l'on retrouve dans la bande originale du film More et l'album Relics.
J'ai toujours été fascinée par les cirrus, ces nuages à très haute altitude qui prennent facilement des couleurs irisées. La découverte, il y a quelques années, de cette chanson des Pink Floyd m'a fait l'effet d'un électrochoc.In a churchyard by a river,
Lazing in the haze of midday,
Laughing in the grasses and the graze.
Yellow bird, you are not alone
In singing and in flying on,
In laughing and in leaving.
Willow weeping in the water,
Waving to the river daughters,
Swaying in the ripples and the reeds.
On a trip to Cirrus Minor,
Saw a crater in the sun
A thousand miles of moonlight later.
Quelques années plus tard, la chanson réapparaît en images... A New York, un beau matin, juste avant de me réveiller, je fis un rêve inoubliable.
Le décor n'avait aucun rapport avec la réalité où je me trouvais... pas de gratte-ciel, de ponts ni de taxis jaunes. Mais un jardin luxuriant et bariolé avec des plantes et des oiseaux d'une espèce inconnue. Le jardin ressemblait à la fois à un verger et à une jungle équatoriale. Nickie, ma colocataire italienne (avec qui le soir même j'avais contemplé New York depuis le sommet de la tour du Rockfeller Center) était présente, mais elle se révélait être ma soeur. Peu à peu cette personne, la seule qui me rattachait à la réalité, s'effaça de mon rêve et je me retrouvai seule.
Ce jardin avait un parfum d'Eden... les oiseaux avaient des couleurs vives splendides, de taille variée, certains chantaient, sifflaient, d'autres parlaient comme des perroquets. Il y avait un aspect criard et excessif dans cette explosion de couleur et de musique, un effet psychédélique. Je me délectais de la beauté et de la nouveauté de l'espace dans lequel j'évoluais.
L'air était tiède et doux. Par-delà le jardin, il y avait La montagne, dont le dessin rappelait celui des films d'animation japonais : elle se découpait très nettement sur un ciel bleu-vert, avec de belles étendues d'herbe fraîche, des petites fleurs dipersées ça et là, et au sommet, traversé de voiles nuageux, des rochers escarpés avec de grands névés qui scintillaient au soleil.
Là était le but ultime de notre parcours. il fallait accéder un jour ou l'autre au sommet, peut-être pour contempler la mer.
Car tout autour de la montagne et loin, très loin, plus loin que l'horizon s'étendait une mer tantôt vert émeraude, tantôt bleu clair, magnifique, inquiétante de par son silence et son immensité.
La mer, c'était l'inconnu. On ne savait pas ce qu'il y avait de l'autre côté. Une autre terre ? D'autres espèces vivantes ? La mer, c'était le voyage, la distance à franchir entre le réel et le probable, la finitude et l'infini. Encore tant de chemin à parcourir avant de connaître ce qu'il y avait derrière la ligne d'horizon.
J'étais ailleurs.
Et puis je me suis réveillée dans la grisaille matinale de Manhattan. Ailleurs, déjà.
Maintenant, je le sais, ce lieu magique, c'était Cirrus Minor.
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