
Le nom "Sépia" nous fait penser à ces vieilles photos de nos aïeux.
Encore une formation jouant la carte de la nostalgie, comme tous ces artistes uniformes estampillés "chanson française" qui se réclament de la trinité "BBB" (Brel-Brassens-Barbara) ?
Eh bien, non ! Enfin un groupe qui sait se démarquer des poncifs du genre. Si nostalgie il y a dans les chansons de Sépia, c'est une nostalgie sobre et légère, dépoussiérée par des textes neufs, frais et poétiques.
On respire.
En concert, Sépia c'est une bouffée d'air pur. Un duo voix masculin/féminin qui fonctionne à merveille. Des instruments variés : guitare, piano, accordéon, mélodica, violon, basse acoustique.
Des refrains qui ne sortent pas de la tête ("l'Animal"), des rêves extirpés du quotidien ("Le Bricolage", "Vis à vie"), des envolées lyriques ("Au paradis", "Clair-obscur") ou des moments de pure poésie ("Et les jours passent").
Des textes travaillés mais tout en retenue. De la simplicité, de l'innocence, de la sobriété.
De la sobriété, d'ailleurs ces artistes n'en manquent pas. Ils sortent des couloirs du métro. Bientôt dix ans qu'ils jouent sans relâche, de cafés en bars parisiens. Mais ils ont renoncé à courir après le succès, comme ils le racontent si bien dans "Les points de côté".
N'empêche. Sépia mérite d'être connu, reconnu. Voilà, c'est dit.
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